Le RSRP dit si le signal arrive, le RSRQ dit s'il est propre, le SINR dit s'il est exploitable. Une liaison peut avoir un excellent niveau et une mauvaise qualité : les trois se lisent ensemble, jamais seuls.
Ce que mesure le RSRP : le niveau
Le RSRP (Reference Signal Received Power) est la puissance reçue des signaux de référence d'une cellule, exprimée en dBm. C'est la mesure de « niveau » : plus la valeur est proche de zéro, plus le signal est fort. −80 dBm est un bon niveau, −100 dBm un niveau faible, −115 dBm une limite au-delà de laquelle beaucoup de terminaux décrochent.
Le RSRP ne dépend que de la distance, des obstacles et de la puissance émise. Il ne dit rien du bruit ni des interférences. C'est pourquoi un bâtiment peut afficher un RSRP correct et des communications médiocres.
Ce que mesure le RSRQ : la qualité
Le RSRQ (Reference Signal Received Quality) rapporte le niveau des signaux de référence à la puissance totale reçue sur la bande, en dB. Il tombe quand la bande est chargée ou perturbée, même si le RSRP reste bon. Une valeur de −8 dB est saine, −15 dB signale une bande encombrée ou brouillée.
Le RSRQ est la mesure qui distingue un signal fort et propre d'un signal fort et sale. Sur un site industriel ou dans un parking équipé de nombreux répéteurs, c'est souvent lui qui explique le problème.
Ce que mesure le SINR : l'exploitabilité
Le SINR (Signal to Interference plus Noise Ratio) compare le signal utile à la somme du bruit et des interférences, en dB. C'est lui qui conditionne le débit et la stabilité : au-dessous de 0 dB, le terminal peine à décoder ; au-dessus de 20 dB, il peut utiliser les modulations les plus rapides.
Le SINR varie vite, d'une seconde à l'autre, avec le trafic des cellules voisines. Une mesure unique de SINR a peu de valeur ; une série de mesures pendant une passe en a beaucoup.
Pourquoi un bon RSRP ne garantit rien
Le cas le plus courant sur le terrain : quatre barres sur le téléphone, RSRP à −85 dBm, et pourtant des appels hachés. Le RSRQ est à −16 dB parce que deux cellules du même opérateur se recouvrent au même niveau, et le SINR oscille autour de 2 dB. Le téléphone affiche le niveau ; le défaut est dans la qualité.
À l'inverse, un RSRP faible avec un bon SINR peut donner une liaison stable : en zone rurale, une seule cellule lointaine mais sans concurrente est souvent plus confortable qu'un centre-ville saturé.
Comment Scout les affiche et les classe
Scout conserve dans chaque ligne l'identité radio de la cellule (technologie, fréquence, bande, PCI), son niveau et sa répétabilité. Lorsque la largeur de bande doit être supposée, la puissance totale est marquée d'un astérisque : la valeur est estimée, et Scout le dit.
Le classement des cellules ne se fait pas sur le seul niveau. Une cellule vue 5/5 à −93 dBm passe devant une cellule vue 1/5 à −80 dBm, parce que la seconde n'a pas prouvé qu'elle était là.
Un exemple NoMYST
